Nous quittions Bariloche, son chocolat et ses pistes de ski en direction d’El Bolson, situé à deux heures de bus vers le sud.

Petite ville sans grand intérêt, dont le marché artisanal du Jeudi et les montagnes environnantes en sont les seules attractions, nous y restions quatre jours afin de recharger les batteries, au sens propre comme au figuré.
La véritable aventure commençait lorsque l’hôte de notre auberge nous déposa aimablement à la station essence située à une dizaine de kilomètres de la ville afin que nous puissions y dénicher camions, voitures ou autre véhicule nous permettant d’atteindre notre destination : Ushuaia !
Notre trajet aura duré trois jours, et près de 1.500 kilomètres, grâce à Antonio Domingo, chauffeur chilien d’une gentillesse et d’un dévouement hors norme à notre égard qui aura eu pitié de nous (je soupçonne les yeux bleus de Mayou d’y être pour quelque chose !). Trois jours à parler espagnol non stop, à dormir dans les stations essence ou terminaux de bus, à ne pas se doucher et à se nourrir exclusivement de sandwich triangle....










Néanmoins, nous arrivions sans encombres à Ushuaïa, finissant notre périple par 17 heures de bus, deux passages de frontières, un ferry et une petite marche. Je ne sais pas si je suis le seul, mais le mot « Ushuaïa » à toujours fait apparaître dans mon imaginaire un lieu paradisiaque, des cascades, une forêt....une pub pour shampoing en fait. Certes cela n’a aucun sens, mais ma déception en fut plus grande. N’y allons pas par quatre chemins : c’est laid, c’est même très laid. Des maisons en tôle de toute part, un ciel triste, des chiens errants, la ville de la fin du monde porte bien son nom.








Restons positif. J’aurai quand même sur mon passeport le tampon d’Ushuaia, et ça....et ça c’est un gros truc de touriste !

Nous profitions tout de même de notre présence ici pour effectuer une sympathique petite randonnée de 5 heures afin d’accéder au sommet enneigé d’une montagne dont le nom m’échappe totalement (le lac Margo était sur le chemin pour les connaisseurs...). La marche, la vue, la solitude dans cette immensité immaculée, nous n’avions pas vu le temps passer.









Nous assistions le soir à un spectacle gratuit au centre culturel d’Ushuaia. Chorale d’enfants suivie d’un show d’impro qui nous aura bien fait marrer !

Nous quittions désormais la ville del fin del Mundo pour El Calafate et El Chalten, villages censés être les clous d’un spectacle patagonien pourtant déjà bien réussi !


C’était donc reparti pour le stop, cette fois ci seulement avec Mayou, Tom ayant (à juste titre) préféré que nous nous séparions afin d’augmenter nos chances.
Parlons en de chance pendant que nous y sommes : tempête de neige, sans abri, passage de frontière fermé, nuit dans un camion dont le radiateur était pété -soit un climat glacial à l’intérieur et j’affirme aujourd’hui que ce fut la pire nuit de mon voyage-.... bref un sacré bordel ! Nous aurons tout de même fait la connaissance d’un professeur de ski, d’un libraire, d’un couple americano-chilien adorable avec un enfant qui l’était tout autant, de Miguel le chauffeur argentin aux quatre femmes et trois enfants, et pour finir d’un couple de quarantenaire roulant à 170 sur la départementale menant à notre destination finale (quel bonheur absolu après les 80 km/h du camion....). Tout ça pour dire que nous sommes actuellement à Calafate au Sud Ouest de l’argentine.
Pour conclure cet article, voici une image illustrant à merveille la tentative de sommeil réalisée par Mayou dans notre camion glacial.


