Il s’est désormais écoulé près d’une dizaine de jours depuis notre départ de Saigon.
Notre première panne fut suivie par tant d’autres lors des premiers jours et les mécanos viets continuent de nous impressionner par leurs connaissances !
On apprend rapidement à « oublier » que nous sommes sur un tas de ferraille afin de ne pas céder à l’angoisse d’une roue qui se détache ou, plus spécifiquement pour ma part, du pignon arrière et de la chaîne (et dans le cas de mon acolyte allemand, le moteur qui se barre pendant qu’il roule....)



Après avoir quitté Saigon, nous nous sommes dirigés vers la ville de Huê en passant par Da Lat, Hoi An et quelques petites bourgades passagères sans grand intérêt.

Les trajets restent dangereux car la circulation y est sans règles. Je le redis car chaque jour je suis choqué par le bordel constant autour de nous et me suis demandé plusieurs fois comment faisaient ils pour ne pas subir d’accidents à chaque coin de rue... les camions qui roulent en plein milieu, les motos en sens interdit, les poules, vaches et autres chèvres qui courent sur le bas coté, les priorités inexistantes, le tout sur des routes aux crevasses aussi présentes qu’invisibles...
Sans parler de l’équipement : le même qu’un champion de natation, le t-shirt en plus ! Malgré une réglementation changée depuis quelques années concernant le port du casque, il n’existe aucune norme pour ces derniers. Par conséquent, ils sont aussi utiles qu’un slip en guise de protection pour un match de hockey sur glace...

C’est ainsi que je me suis joyeusement éclaté le pouce contre la béquille. Déjà que j’avais des pieds dignes d’un tableau de Picasso, disons que ça n’a pas aidé :

On s’attelle alors à un bandage de secours et direction l’hôpital, n’étant pas vacciné contre le tétanos.

L’hôpital au vietnam, c’est une sorte de pharmacie du tiers monde de laquelle vous ressortirez probablement avec quelque chose en plus ! J’ai donc opté pour l’hôpital international. Sage décision mais encore une fois, on sent que le touriste français que je suis suscite rapidement un besoin de me faire dépenser plus que prévu. J’ai ainsi passé ma journée à l’hôpital, de 11h à 18h : radio du pied / 5 injections / vaccin / tests sanguins... tout ça pour m’expliquer que je n’ai rien et repartir avec des antibiotiques et des bandages, merci Docteur ! La seule chose utile fut donc le vaccin.
Parenthèse hospitalière mise à part, retour sur la route.
Une fois habitués aux dangers de cette dernière, et par « habitués », j’entends insouciance la plus absolue, nous sortons des sentiers battus pour découvrir quelques temples, et quelques beaux paysages.






Après une journée de conduite, le soir devient synonyme de repos et de détente. J’ai été agréablement surpris par la bienveillance et la gentillesse, le tout mêlé de curiosité, de la part des vietnamiens. Il faut comprendre qu’en tant que blanc, on est observé et salué à longueur de journée. On nous demande parfois même si nous acceptons une photo !
Et cette bonté s’est concrétisée un soir, alors que nous errions dans une ruelle à la recherche d’un magasin. Nous avons été apostrophé par deux individus assis au bord d’une table, en plein milieu du trottoir, nous tendant ce qui ressemblait vaguement à un shot d’alcool de riz. Nous avons accepté leur invitation et avons passé une soirée formidable en leur compagnie, invités à partager leurs victuailles et boissons, discutant de nos vies et pays respectifs.

Puis nous sommes retournés à notre hôtel. L’hébergement est très aisé entre les grandes villes car pour 3-5€, nous pouvons bénéficier d’une grande chambre privée dans un hôtel propre. Ou un dortoir sympa dans un resort :


Ajoutez 3€ supplémentaire pour vous retrouver dans ce genre d’endroits :

Une fois reposes, nous avons pris la direction des « Marbles Mountains », petite séries de montagnes regorgeant de temples, de grottes et statues de Bouddha.









il est frappant de voir que tout se moneye constamment, de la place de « parking » (commerçant qui vous fait une place sur son bout de trottoir) a l’ascenseur en passant par le rabattage non-stop que les touristes subissent parfois avec une pointe d’exasperation, tant la fréquence de ces tentatives est élevée...
Le soir même, épuisés par les trajets à moto, nous avons opté pour un bus de nuit. ALORS, le bus de nuit vietnamien n’a rien a voir avec le bus de nuit français, ni même le TGV et encore moins une simple rame de métro... il s’agit d’un véhicule à deux étages, remplis de fauteuils-couchettes desquels vous ne bougerez pas pendant 14 heures, dans une atmosphère alliant la sueur à la nourriture asiatique, sans possibilité de charger quoi que ce soit ou même d’aller aux toilettes.

Nos motos ont donc été calées en soute au même titre s’un sac lambda (d’ailleurs elles finirent ensevelies sous les sacs de tous les passagers). Petit anecdote : qu’on nous enlève l’essence car cela représente un danger, je dis pourquoi pas ! Qu’elle serve à aller dans la moto du conducteur, j’ai trouvé ça moyen (bien qu’amusant, un plein coutant 2€50...)
En gros c’est l’enfer ce bus. Mais j’admets que c’est une expérience et qu’on s’est bien marrés :


Oui vous noterez que les cheveux commencent à pousser et qu’on laisse la fantaisie prendre le dessus, en oubliant parfaitement le ridicule d’une telle coupe, car le regard des gens n’a plus d’importance lorsqu’on voyage (d’ailleurs il ne devrait jamais en avoir mais vous me connaissez...) !

Le soir suivant, nous avons visité les rues d’Hoi An, colorées par les ballons asiatiques accrochés un peu partout. C’est magnifique mais l’appareil photo d’un téléphone ne restitue malheureusement que très mal les photos de nuit :



Nous avons fini dans notre auberge (3€ la nuit pour une des meilleurs hostels que j’ai pu tester jusqu’à présent), où nous avons rencontré une bonne dizaine de voyageurs avec qui la nuit allait s’annoncer « rigolote ».
Ce qui est appréciable entre voyageurs, c’est cette facilité avec laquelle les contacts se font. Les relations humaines ne sont plus les mêmes, tout le monde parle avec tout le monde, sans différenciation de sexe notamment (ce qui a une importance à mes yeux, car il n’y a plus d’arrières pensées ou de timidité ou quoi que ce soit d’autre, on s’adresse simplement à une « personne », ce qui donne des échanges plus directs, plus honnêtes, plus francs et par conséquent souvent plus profonds).


Après un réveil douloureux et tardif, nous avons décidé de visiter le sanctuaire de « My Son », inscrit depuis peu au patrimoine mondial de l’UNESCO.




Les 2 heures de visites passées, nous avons fait route vers Hoi An, en passant par ce qui est censé être une route sublime aux points de vue impressionnants. Le temps n’était pas de la partie (je ne m’en plaindrai pas car ce fut mon premier jour de pluie en 1 mois et demi de voyage), nous avons donc du traverser un nuage à 700m d’altitude. Les routes étaient déjà dangereuses, elles sont devenues quasi-suicidaires !
Le réseau de télécommunication étant plus développé qu’en France, la 4G, présente dans le plus petit des villages, nous permet l’utilisation facile du GPS, ce qui nous a été bien utile quand, dans un brouillard épais, plusieurs routes se croisent...
Finalement je pourrai dire de ma voix grave de fumeur « et ouais mon petit gars, j’ai fait le Vietnam » :

Nous avons néanmoins eu un petit point de vue et il faut admettre que le nuage donne un certain charme au paysage :

Petit point car j’y pense en écrivant ces lignes, l’omni présence des restaurants. Malgré la difficulté que nos yeux d’européens ont pour comprendre que ce sont des endroits où s’attabler, on en trouve tous les dix mètres et ils ne ressemblent à rien. Les menus, en vietnamien, nous demandent de redoubler d’imagination pour communiquer avec le serveur afin de comprendre ce que nous allons manger.
Il nous est même arrivé d’être servis sans avoir rien demandé (et ce fut délicieux !). Le Vietnam étant réputé pour avoir une bonne gastronomie (bien que rien ne vale la France sur ce plan...!).
Ci dessous un restaurant et une petite vidéo de ce à quoi peut ressembler un « magasin », dans lequel on trouvera aussi bien du dentifrice français que du shampoing américain à moitié vide, en passant par de faux parfums et des cigarettes de contre marque... bref, on s’y fait vite et c’est totalement dépaysant

Cette première aventure s’est conclue avec la visite de la cité impériale de la ville de Huê :





Demain je prends la direction de Hanoï, capitale du Viêt Nam, afin d’entamer la fameuse « Ha Giang Loop », un des plus beaux trajets à moto réalisables dans cette partie de l’Asie.

