Dernière étape culinaire avec mes voyageurs américains avant de prendre l’avion en direction de la capitale hippie du monde : Katmandou.

Les compagnies aériennes népalaises ne sont pas les plus sûres du monde, elles font d’ailleurs partie pour la plupart de la liste noire européenne leur interdisant les liaisons avec notre continent, mais le trajet fut sans encombres du début à la fin.
Premier choc après la Birmanie (pour rappel, le tourisme de masse n’ayant pas encore affecté ce pays, les « codes » dédiés à cet effet n’y sont pas encore bien développés, et c’est tant mieux !), le harcèlement !
Présent majoritairement à la sortie de l’aéroport et des stations de trains.
J’ai eu la chance de faire connaissance avec deux polonaises, Ana et Claudia, venues au pays des yaks pour y faire quelques treks. Après avoir donc partagé un taxi et un verre, j’ai pris possession de ma chambre au « Yaketi Yak », auberge de jeunesse sympathique du quartier touristique de Thamel (partie nord de la ville).

Le programme pour cette première semaine : retrouver mon ami Matthias, allemand de son état, pour une session rafting dans la réserve naturelle de Chitwan suivi d’un safari !
Mais avant de le retrouver, il faut affronter les trajets de bus interminables sur les routes parmi les plus dangereuses du monde (et non je ne fais pas le marseillais !). Pour vous donner une idée de l’état des routes et de la manière de conduire, voici deux petites vidéos :
Oubliez le code de la route, oubliez les freins et faites une croix sur un quelconque esprit de raison : ces gens sont des cinglés, et si par malheur lors d’un trajet en mode « piéton » on ne se décale pas au son omniprésent des Klaxons, alors on risque de se manger agréablement le capot d’une voiture !

Bon, j’étais content de ne passer seulement que quelques jours à Kathmandu car cette ville ne présente que peu d’intérêt : très sale, énormément de poussière et de boue, du bruit, des masses compactes de gens, une idée de l’espace personnel inexistant et le tout agrémenté d’une offre constante de drogue de la part des rabatteurs népalais (on va de l’herbe au crack en passant par l’opium...).
Moi qui pensais être au pays des hippies avec le Vietnam et la Birmanie, c’était sans compter sur le pays des Sherpas et de l’Everest !
Mais c’est amusant : entre trekkeurs, fumeurs de joints aux cheveux longs et vêtements péruviens, il se dégage ici une certaine atmosphère de paix !

Et puis soyons honnêtes, non seulement on s’y fait mais on finit en plus par leur ressembler. Ainsi je me suis dit que c’était une bonne idée d’acheter un pull en poils de yak multicolore...

Revenons sur la route si vous le voulez bien. Cette dernière mérite amplement un paragraphe dédié tant elle est pleine de surprises... la plus importante, et relativement mauvaise, fut le temps nécessaire au bus pour parcourir les 140 km qui me séparaient de Pokhara, seconde ville importante et bien plus développée et riche que la capitale. 7-10h de bus ! Pour 147 km !

Nous ne sommes pas sur du bus de luxe façon birmane, mais on se marre bien quand même... et puis je suis sympa je passe sur les cafards ainsi que sur la légère discrimination faite à l’égard des touristes blancs au profit des népalais afin que ces derniers puissent bénéficier des sièges à l’avant du bus !

Une autre chose étonnante : tous les camions sont « décorés » à la népalaise, donc de toutes les couleurs. Par ailleurs leur klaxon n’est pas celui que nous avons l’habitude d’entendre. C’est une multitude de Klaxons aux tonalités différentes, produisant ainsi une impression de musique à chaque fois que le chauffeur se sent le besoin de presser son volant (c’est à dire en moyenne toutes les 2 secondes et demi).

Ça y est ! Après près de 3 mois de voyage, un visage familier, un ami ! Matthias, ce neurochirurgien allemand rencontré plusieurs années auparavant lors de mon premier voyage en Australie.

Le programme pouvait désormais démarrer correctement, du moins c’était ce qu’on pensait en passant par une agence de voyage.... c’était sans compter sur la bonne organisation, la méticuleuse précision et le savoir faire népalais. Je simplifie ? Un joyeux bordel ! Mais c’est ce qui offre à notre aventure commune tout son charme.
Après que notre chauffeur se soit planté de rivière (3h de route tout de même), l’abnégation et le sens de la négociation de Matthias -probablement propre à tout bon allemand qui se respecte- nous ont permis de commencer notre épreuve de rafting (une première pour moi !).
Alors là c’est le grand n’importe quoi : pas de sécurité, pas d’explications, pas de kayak de sécurité, un mec de 14 ans en assistant et un autre de 18 pour diriger et donner les indications de navigation. Résultat : on a finit dans l’eau plus d’une fois mais on s’est bien poêlé ! Sans compter que les muscles fessiers sont fortement sollicités et que je découvre alors la possibilité d’avoir mal à des endroits que je ne soupçonnais pas possible !
Une fois revenus à notre hotel, le Rainbow Safari, nous avons dégusté la spécialité népalaise : les momos. En gros ce sont des gyozas (raviolis fourrés) mais en meilleur ! Pour mon plus grand plaisir, en amateur de bouffe bien grasse et sucrée, ils en font une version frite, remplie de banane flambée, le tout accompagné de petits copeaux de glace à la vanille (je vous laisse imaginer l’orgasme culinaire que ça représente...!)
Alors Dieu sait que je ne supporte pas les gens qui prennent en photo leur plat afin de nourrir une horde de fans Instagram, mais une entorse à la règle est ici nécessaire :

Levé 5h, petit déjeuné englouti, c’est parti pour le safari ! 4h de jeep à travers la réserve naturelle.
On commence par monter à 10 sur une petite pirogue afin de traverser le lac rempli de crocodiles omnivores.

Puis c'est en route pour un dépaysement dans le dépaysement. En soit passer de Kathmandu, ville polluée et dont la densité au mètre carré ferait envie à un donneur de "free hugs", à Chitwan, petit village au climat tropical, n'était pas chose désagréable ! (Hormis ces saloperies de moustiques...).










Nous avons également eu droit à un éléphant en train de courir vers nous :
Puis nous sommes tombés nez à nez avec un petit crocodile (à qui nous avons du peut être faire peur étant donné ses vives réactions) :

Il est alors venu le moment triste de saluer mon pote allemand et Yano, son amie qui était avec nous (enfin c’est plus moi qui me suis joint à eux ceci dit...)

Retour à Kathmandu avec un objectif : acheter le matériel de trekking (chose simple, ce doit être le principal business la bas ! Et les rues regorgent de magasin de matériel spécialisé).

C’est parti : crampons, veste résistant aux -15 degré, bâtons de marche, guêtres, médicaments pour prévenir le mal de l’altitude.... vous l’aurez compris, je me prépare pour le challenge d’une vie (du moins la mienne) : l’ascension de l’Everest jusqu’à son camp de base, situé à 5200m, en passant par le mont Kalah Patthar, situé pour sa part a 5600m. Le tout au départ de Lukla, ville où démarre le trek : altitude de 2860m. Soit une petite randonnée avec un dénivelé de 2.7 kilomètres dans des conditions extrêmes.
Ce sera l’objet d’un article dédié, abordant la vie en trek, l’aéroport le plus dangereux du monde (et le plus haut), le mont Everest, bref, une aventure glaciale unique à vivre !
En attendant je profite d’avoir retrouvé mes deux copines polonaises une semaine plus tard à Kathmandu. Profitons donc d’un thé au citron dans une ambiance plus qu’hippie :

À bientôt !

