Samoa

Les Îles Samoa

17 juillet 2019

Après une courte mais bien reposante halte à Manly (Australie) chez mes amis Christophe et Barbara, que je remercie encore vivement d’avoir joué pour moi le rôle de parent durant cette semaine, direction le Pacifique ! Et plus précisément les Îles Samoa, ici :

L’heure de mon arrivée et le décalage horaire ne me permirent pas de fermer l’œil. C’est donc à 4h du matin heure australienne, et 3 heures de plus heure locale que j’arrivai à l’aéroport international de Faleolo, sur l’île d’Upolu.

Les trois musiciens bedonnants en chemise à fleurs chantant dans leur langue natale à côté du bureau des douanes me firent comprendre instantanément, malgré mon corps malmené par le décalage horaire, que j’allais apprécier cet endroit !

Voyageant désormais de la manière la plus roots possible, c’est tout naturellement que j’entrepris de marcher les 4 kilomètres qui séparaient ce qu’on pourrait vaguement appeler un aéroport du port le plus proche (me permettant donc au passage d’économiser les 7€ de taxi). Et oui ! Le budget désormais établi pour la suite du voyage (encore un an tout de même !) est de 25 €/jour incluant le logement (dormir chez l’habitant est gratuit), le transport (le stop l’est tout autant), la nourriture, le tabac et l’alcool (il ne me manque plus qu’un batard croisé berger allemand pour voter Front de gauche)

Cette petite aventure nocturne ne prenait pas en compte mon sens infaillible de l’orientation ! Une route, deux choix possibles : à gauche ou à droite. C’est avec un certain entrain et une motivation liée à ma nouvelle radinerie que je m’élançais dans la mauvaise direction....

Vous viennent alors en aide les samoans, ces personnages ventripotents dont la bonne bouille et la chemise à fleurs leur donne un air tout droit sortis du Disney « Lilo & Stitch ». Le ukulele complète alors à merveille cette image !

Je sais que lors de chaque pays visité je trouve les habitants sympathiques, mais les samoans dépassent de loin ce que j’ai pu expérimenter.

Le vietnamien et le thaïlandais sont sympathiques, mais cette qualité relève presque de l’hypocrisie tant le fait d’être franc n’existe pas culturellement.

Le népalais est sympathique, mais l’envie de vendre à tout prix quelque chose efface l’authenticité de l’échange.

L’australien est sympathique, mais il se limite à une bienséance banale bien qu’agréable, une courtoisie appréciable et c’est surtout son cadre de vie qu’il lui donne le sourire.

Tandis que le samoan est sympathique, mais il l’est véritablement et foncièrement !

Cela se traduisit dans un premier temps par le « talofa » (bonjour) reçu de la part de chaque personne croisée sur la route, accompagné d’un franc sourire. Puis par une aide sans attendre de retour; notamment lorsque, perdu seulement 30 minutes après avoir quitté l’aéroport, ces derniers m’accompagnèrent jusqu’au bus, l’attendirent avec moi pour donner quelques explications au chauffeur et, à défaut d’avoir retiré du liquide, m’offrirent même le billet.

Le deuxième exemple concerne le stop. Passer des heures sur une route n’existe pas ici. Non seulement le temps d’attente ne dépasse pas la première voiture rencontrée mais cela va plus loin : il m’est arrivé à plusieurs reprises de devoir refuser l’offre d’un automobiliste alors que mon seul objectif consistait en une petite marche ! Quoi qu’il en soit, qui serait à même de se plaindre sur de pareilles routes ?

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Et enfin, l’exemple le plus flagrant, cette mère samoane venue m’adresser quelques mots alors que j’attendais mon ferry. Me voyant partir pour l’Ile de Savai’i, cette dernière me laissa son numéro au cas où, lors de mon retour pour l’aéroport, je décidais de faire un stop à Apia, capitale de l’île d’Upolu, principale île du pays.

Je passa donc mes deux dernières journées chez l’habitant au sein d’une famille.

Les traditions sont ancrées et respectées en ce qui concerne les invités.

C’est donc non sans un léger malaise que je me retrouva à table, affublé de l’habit traditionnel, partageant mon repas avec le chef de famille et sa femme pendant que les plus jeunes nous faisaient de l’air avec une palme (bien étrange situation quand on est backpacker !). L’invité est roi et ça en devient presque perturbant, bien que ce ne le soit culturellement pas.

La vie n’est pourtant pas simple sur ces îles. Relativement pauvre, une infrastructure peu développée, un outillage industriel totalement inexistant donnant alors des journées de dur labeur, très physiques. Mais la société samoane s’articule autour de deux valeurs primordiales aux yeux de ses habitants.

D’abord il y a la famille. Généralement soudée, elle fonctionne à l’ancienne avec un chef de village, l’ancien, et le reste du troupeau qui suit. L’île est donc morcelée de manière géographique entre une multitude de familles qui se partagent tout. Les commerces, la vie courante, l’entretien, les liens sociaux, tout se fait en famille. Lorsque je demanda à Iéti (prononcez Yéti), responsable du site dans lequel je passa 4 jours à Savai’i, la signification de son tatouage dorsal, ce dernier m’expliqua que c’était tout simplement son nom de famille. A la vue de mon étonnement, il détailla en m’expliquant que cela évitait les mauvaises actions, ne souhaitant pas que son patronyme soit synonyme de honte.

Ensuite il y a la religion. Toutes les branches, sous branches et autres variétés folkloriques du christianisme y sont représentées, des adventistes aux mormons en passant par les méthodistes et congrégationalistes, sans oublier les catholiques. Sur les 195.000 habitants, 99.7 % sont de confession chrétienne. Il y a un lieu de culte environ tous les 200 mètres (à tel point que j’ai cessé de les photographier !).

La beauté des églises, tout autant que leur nombre, est impressionnante. Non pas sur un plan architectural (l’Europe restera maître en la matière) mais décoratif. Ce mélange de couleurs flamboyantes, conjuguées aux fleurs multicolores et au paysage verdoyant donne la sensation de faire parti d’un décor irréel et hors du temps.

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Les temples orthodoxes et les églises protestantes ont leur charme. Mais ce n’est rien comparé à la beauté de la cathédrale catholique d’Apia !

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Chronologiquement, cet article n’a aucun sens alors revenons aux quatre premières journées passées à Manase, sur l’île de Savai’i. Le principal type de logement existant aux Samoa s’appelle un « Fale ». Ce sont de petits bungalow ouverts, à la décoration rudimentaire et au confort sommaire. Le lit est suffisant et la vue généralement époustouflante.

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Petits déjeuners et dîners étant préparés « maison » par la mère de famille, chaque réveil et fin de journée furent comblés de délicieux mets traditionnels (riz coco, poisson fraîchement pêché, sans oublier l’Uru, fruit de l’arbre à pain et les taro, sorte de pomme de terre locale).

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J’y rencontra Rémi et Olivia, couple de français faisant le tour du monde, qui m’initièrent aux joies du snorkeling avec les tortues de mer.

Nous conclûmes cette journée tous les trois sur la plage, face à ce magnifique couché de soleil (qui n’égale tout de même pas celui des Philippines !)

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Je finalisa mon périple avec le mythique trou de To Sua, piscine naturelle formée suite aux coulées de lave subies quelques décennies plus tôt.

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Bon, pour conclure, permettez moi de parfaire votre jalousie avec quelques clichés supplémentaires :

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Il est désormais temps pour moi d’affronter les 48h de trajet entre Apia et Buenos Aires (8 heures d’escale à Brisbane et 19 heures à Auckland, l’occasion de découvrir deux villes supplémentaires).

A bientôt !

Samoa · 17 juillet 2019